Un apôtre c’est quoi ?

Les premiers exposants de l’Evangile chrétiens sont les apôtres. Ils sont d’abord choisis (Luc 6 :13) et envoyés par Jésus lui-même (Matthieu 10 :1-42).

Le terme grec « ἀπόστολος » ne se retrouve qu’une seule fois en Matthieu, Marc, Jean, hébreux, 1Pierre, Jude, deux fois en 2 Pierre et 3 fois en Apocalypse, mais 29 fois dans les écrits pauliniens et 34 dans les écrits lucaniens. C’est pourquoi, nous nous concentrerons spécifiquement sur la compréhension Lucane d’un côté et Paulinienne de l’autre côté en ce qui concerne la définition de l’apôtre.

Signification dans la langue grecque :

Dans cette langue ce terme peut être soit utilisé en tant que nom ou en tant qu’adjectif afin de désigner soit une expédition de type naval ou encore un groupe colonisant. Ce terme n’était pas utilisé afin de désigner un émissaire en grec. D’autres mots étaient plus propices à cet usage, comme : aggelos (messager), presbeutes (ambassadeur), ou kerux (héraut, messager)

Dans le Nouveau Testament cependant, le vocable apostolos désigne l’acte d’envoyer ou de manière figurative, l’objet de l’envoi. Cela dénote toujours un homme qui est envoyé, et envoyé avec une pleine autorité.

Signification dans la langue hébraïque :

En hébreu, l’équivalent d »apostolos » est sheluhim. Ce terme était utilisé par le milieu rabbinique pour désigner l’un d’entre eux, envoyé et qui, par cette bénédiction représente le rabbin, et par là même dispose de son autorité plénière. C’est de cette autorité que Paul semble se prévaloir en Actes 26 :12. Moïse, Abraham, Elie mais encore Ezéchiel pour ne citer qu’eux, étaient des sheluhim. Toutes ces personnes étaient des prophètes, mais ce n’est pas seulement ce qu’elles avaient en commun. Nous pouvons définir ces derniers en trois points que voici :

  1. Ils reflétaient tous de manière expressive le caractère de Dieu. Existe-t-il d’ailleurs un plus bel exemple que celui de Moïse en Exode 34 :29-30 ?
  2. Ils ont amené des individus à la foi salvatrice
  3. Ils ont tous trois exercé une autorité et une puissance spirituelle de nature divine.

Chez Luc en effet, le terme d’apôtre n’est employé que pour désigner les 12 qui ont vécu avec Jésus plus Matthias (Actes 1 :26), ainsi que Paul et Barnabas en Actes 14 :14.

Chez Paul par contre, l’apôtre n’est pas strictement lié aux 13. En effet, il se nomme lui-même apôtre à 12 reprises et nomme ses propres collaborateurs par ce nom en Romains 16 :7, 1 Corinthiens 15 :7, ou encore en 1 Thessaloniciens 2 :7. Le ministère d’apôtre apparaît clairement chez Paul, notamment en Galates 1 :1 comme étant soumis, ou encore subordonné à l’Evangile, ou au Christ lui-même. D’ailleurs, dans ce même livre de Galates au chapitre 1, versets 15 à 17, Paul définit la mission à laquelle Dieu l’a appelé. On peut donc en conclure que la mission pour laquelle il a été appelé et à cause de laquelle il est appelé apôtre se révèle dans ce passage, à savoir annoncer Christ aux païens.

Par ailleurs, on peut relever chez Paul que la notion de « témoin » est importante dans le concept d’apostolicité. Or, d’après Actes 1 :8 la possibilité d’être témoin est liée à la réception du Saint-Esprit.

Ce que nous pouvons déjà dire, c’est que la notion d’apôtre dans l’Ancien Testament, dans les écrits Lucaniens ou encore Pauliniens sont tous différents. Chacun usant du mot de manière différente.

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