Les anciens, quelle durée de mandat ?

Combien de temps un ancien doit-il servir ?

Cette question revient régulièrement lors des audits d’Eglise. Pour certains, un ancien doit servir pour la vie. Pour d’autres, un ancien sert tant qu’il en a envie. Mon point de vue diffère de ceux-ci. A mon sens, plusieurs critères sont à prendre en compte pour connaître le temps qu’un ancien doit garder son titre. Toute personne qui souhaite rester ancien doit répondre aux critères suivants :

1.      Avoir le désir d’accomplir la tâche (être ancien c’est avant tout accomplir une tâche, pas avoir un titre honorifique)

2.      Répondre aux qualifications mentionnées en 1 Timothée 3 :1-7 ; Tite 1 :5-9

3.      Pouvoir remplir ses responsabilités (ce qui implique du temps)

4.      Être reconnu comme ancien par d’autres responsables d’Eglise, eux-mêmes spirituellement matures

La plupart du temps, les anciens sont élus de façon définitive, aucune durée n’étant fixée pour leur mandat. Ils sont élus en CDI. Par ailleurs, le vocable « ancien » devient généralement un titre honorifique plutôt qu’un terme pour désigner une fonction.

Si certains anciens démissionnent d’eux-mêmes pour diverses raisons (familiales, spirituelles, professionnelles…), d’autres le restent jusqu’à la mort. Ceux qui quittent ce rôle, le font parfois pour toujours, tandis que d’autres le quittent pour un temps et le reprennent quand les circonstances sont plus favorables.

Si les Ecritures nous donnent des informations sur la nécessité d’établir des anciens, leurs qualifications ou encore leur rôle, elles ne nous donnent pas d’injonction en ce qui concerne le temps de leur service, ni sur le nombre nécessaire à la direction d’une Eglise locale.

Le fait est, que beaucoup d’Eglises connaissent des problèmes liés à la fois au choix des anciens, mais également à leur élection « ad vitam aeternam ». Les statuts ne prévoyant généralement de possibilité de les démettre de leurs fonctions que pour faute grave, fasse-t-il encore pouvoir prouver la faute. Ils sont par ailleurs souvent dans un vide juridique, quand ils ne sont pas eux-mêmes membres du conseil d’administration de l’A.S.B.L. On en vient donc à arriver à des situations dans lesquelles les anciens ne sont parfois plus en mesure physique ou mentale d’assumer leur fonction. Quand bien même n’importe qui trouverait normal qu’une personne sénile ne dirige pas un pays, cela ne va pas forcément de soi pour tout le monde dans l’Eglise. Les anciens ne deviennent alors plus bons qu’à attiser la colère et à bloquer certaines Eglises d’avancer, créant bon nombre de frustrations. Frustrations menant parfois même à la démission d’autres dirigeants de l’Eglise, qui eux sont totalement qualifiés, mais qui sont alors empêchés d’exercer leur fonction.

Comment donc appréhender le sujet et pour combien de temps doivent-ils être élus ?

En réalité, il me semble inapproprié d’élire un ancien pour temps donné de 3, 4 ou même 5 ans. Les anciens peuvent à mon sens être élus à durée indéterminée, mais leur ministère et la pertinence de la fonction qui leur est accordée, doivent être évalués au minimum une fois par an. De plus, il serait sage d’établir un retrait sabbatique à un moment donné pour chaque ancien. La tâche, si elle est bien accomplie, est lourde, empiète sur la vie de famille, et peut avoir des répercussions néfastes sur l’ancien lui-même, sans qu’il s’en aperçoive. Ce retrait force également les responsables de l’Eglise à chercher et à discerner ceux qui dans l’Eglise, doivent être formés et peuvent aspirer à devenir ancien. Toutefois, mettre ce retrait sabbatique dans une Eglise n’est pas toujours évident. Un ancien d’une Eglise dans laquelle j’ai proposé ces mesures m’a un jour répondu : « Je n’ai pas à être voté ou à prendre congé, c’est Dieu qui m’a choisi ». Après qu’un autre ancien de cette même Eglise ait démissionné, le pasteur m’a dit : « je me suis toujours demandé s’il était chrétien ». Voyez le genre de situations dans lesquelles on peut arriver quand un cadre n’est pas clairement défini pour les anciens.

L’expérience et les différentes Eglises que j’ai pu fréquenter en France, Belgique ou encore au Luxembourg m’ont montré deux choses :

1.      Les anciens élus à vie empêchent les jeunes de prendre leur place dans l’Eglise et empêchent les Eglises de grandir

2.      Les « jeunes » anciens sont généralement plus zélés que ceux qui sont en place depuis longtemps, et favorisent la croissance de l’Eglise

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